Recrutement : « Les candidats veulent être bien dans leur peau ! Trouver du sens ! »

Jérémy Sarthou a créé son cabinet de recrutement spécialisé dans le domaine viticole. En trois ans d’activité, il a publié deux enquêtes. La première consacrée aux rémunérations des cadres du secteur des vins et spiritueux. La seconde aux motivations des candidats pour des postes dans la filière. Il en ressort que « l’intérêt de la mission confiée » passe avant le salaire. Mais rien n’est à négliger pour attirer les meilleurs.

Jérémy Sarthou le dit avec fierté : « Je suis fils de négociant, et petit-fils de vigneron. » Cependant, le jeune Bordelais s’est éloigné dans un premier temps de sa carrière du monde viticole. « J’ai passé 10 ans en tant que responsable commercial chez PSA en France puis en Afrique. » Jusqu’au jour où il décide de revenir en France. Il est recruté comme chasseur de têtes dans un cabinet national possédant une antenne à Bordeaux. Jusqu’au jour où il a l’idée de créer sa propre structure. C’est ainsi que voici trois ans, il fonde Sarthou et associés. Un cabinet de recrutement spécialisé dans les vins et spiritueux. « Cela fait sens d’être à Bordeaux! Et nous sommes seul le seul cabinet en France spécialisé exclusivement dans les vins et spiritueux. »

Aujourd’hui, Jérémy Sarthou déniche les talents pour une clientèle à 60 % bordelaise et à 40 % implantée à Cognac et dans les autres bassins viticoles de France. « Quand les entreprises font appel à un cabinet, c’est pour recruter les meilleurs candidats du marché. »

Le chasseur de têtes explique que son activité est large : « Les grands crus sont une partie de ma clientèle. Mais mes clients prospects, ce sont les 6000 châteaux de Bordeaux. J’interviens pour des domaines d’importance, mais aussi pour des entre- prises viticoles de 4 ou 5 salariés. »

En l’espace de deux ans, Jérémy Sarthou et son équipe ont publié deux en- quêtes. L’une sur la « rémunération du secteur des vins et spiritueux ». Et une seconde sur « les motivations des collaborateurs du secteur des vins et spiritueux. » Il en ressort un point d’importance majeur dans le recrutement des salariés dans le monde des vins et spiritueux : « On constate que pour attirer des salariés, le premier critère n’est plus le salaire, c’est le sens du travail, l’intérêt de la mission, le bien-être. Ce que nous indiquent les candidats, c’est qu’ils veulent être bien dans leur peau. Les nouvelles générations expriment aussi des sensibilités à l’environnement. »

La période Covid a modifié les com- portements de recrutement. « Pendant longtemps, Bordeaux a recherché des pro- fils internationaux à même de sillonner la planète dans la relation commerciale. Mais avec le Covid, on s’est aperçu qu’il était plus intéressant d’avoir quelqu’un dans le pays car les possibilités de prospection restaient actives. »

Autre phénomène avec le Covid, la volonté de beaucoup de candidats de quitter Paris. Or, « Bordeaux est une ville qui attire. » Mais quand un poste se situe à Pauillac, que l’emploi du  compagnon ou de la compagne est mis dans la balance? « Les candidats réfléchissent, mais le plus souvent, ils acceptent. Le confinement des familles dans les appartements parisiens a fait qu’ils recherchent des modes de vie avec des extérieurs. »

Cependant, tous les vignobles n’ont pas ce pouvoir d’attraction. Recruter un cadre à Cognac n’est pas aisé, se pose le problème de la localisation.

« On constate que pour attirer des cadres issus des grands groupes, c’est un travail de longue haleine. Mais en trois ans, nous sommes parvenus à créer un outil assez bien aiguisé. Nous grandissons, mais avec une maîtrise de notre croissance. Nous assurons une approche des candidats de façon directe. Je crois énormément au digital. Nous avons mis les bouchées doubles sur ce mode de prospection. »

Autre service que Jérémy Sarthou entend assurer: « Nous accompagnons l’entreprise et le candidat dans ses premiers mois d’activité. Mais en situation de pénurie, il faut que les entreprises s’adaptent pour attirer les candidats, et plus encore pour les retenir. »

E.D.

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