Semaine des Primeurs: l’atout 2025 dans le jeu de l’UGCB
Aucun doute, ce mois d’avril verra à nouveau éclore, dans le milieu professionnel et dans la presse spécialisée, le débat sur l’intérêt et le fonctionnement du système des Primeurs de Bordeaux, questionnés depuis plusieurs années après des campagnes jugées décevantes.
« La période des Primeurs demeure un moment clé pour les grands acteurs du marché mondial et une spécificité bordelaise à laquelle nous sommes très attachés, affirme cependant François-Xavier Maroteaux, président de l’UGCB, organisatrice de l’événement. Bordeaux bénéficie à cette occasion d’une exposition unique. »
Les dégustations « en primeurs », exclusivement réservées aux professionnels de la filière et à la presse, seront lancées le 20 avril, au Hangar 14, et la soirée d’inauguration se tiendra au Château Branaire-Ducru, à Saint-Julien. Suivront, jusqu’au 23 avril, les dégustations par appellations dans six châteaux hôtes.
Depuis l’an dernier et la terne campagne des primeurs du millésime 2024, le contexte économique ne s’est pas amélioré, loin de là, et les tensions géopolitiques se sont sérieusement aggravées. Mais au moins, la prochaine édition va bénéficier d’une belle carte à jouer : le millésime 2025, annoncé à la hauteur des « Big Five », les grands millésimes en 5.
« Cette année, l’intérêt est d’autant plus manifeste que le millésime 2025 est un grand millésime, confirme le président de l’UGCB. En termes de style, il correspondra aux attentes des consommateurs. Les volumes sont en revanche assez restreints, ce qui, dans le contexte actuel, n’est pas nécessairement un inconvénient. Les prix seront extrêmement justes au regard de la qualité du millésime. Tout cela incite les distributeurs à venir le découvrir. »
« Des vins résolument contemporains »
Les œnologues sont en effet unanimes sur le sujet. « Millésime précoce, été chaud et sec, vendanges expresses : 2025 s’inscrit pleinement dans la lignée des années plutôt solaires à Bordeaux, juge par exemple le Laboratoire Rolland & Associés. Porté par un très bon état sanitaire, des rendements maîtrisés et une richesse tannique remarquable, ce millésime conjugue maturité, équilibre et précision, dessinant des vins charnels, élancés et résolument contemporains. »
L’UGCB se réjouit par ailleurs du bilan des dégustations à Wine Paris (3 300 professionnels) et de sa tournée américaine.
« Nos crus conservent sans aucun doute leur capacité de garde pour les grands Millésimes. Mais aujourd’hui, nous avons en plus la possibilité de les apprécier jeunes, souligne François-Xavier Maroteaux sur le blog de l’UGCB Vintage. Cela ne signifie pas que les vins vieilliront moins bien qu’auparavant, au contraire, mais le consommateur peut choisir : attendre ou se faire plaisir plus tôt. Cette faculté des Grands Crus à être dégustés jeunes s’explique par plusieurs facteurs. À partir de 2015, de nombreuses propriétés ont lancé un travail de fond pour produire des vins plus accessibles dans leur jeunesse. Les pratiques ont évolué : moins d’extraction excessive, moins de surmaturité et une utilisation des barriques maîtrisée. Nous n’avons jamais autant investi dans les vignobles et dans les outils de vinification pour produire le meilleur vin possible. Ce travail, qui a commencé il y a une dizaine d’années, a sans doute été insuffisamment communiqué. Il est désormais essentiel d’en valoriser la portée car pour le dire simplement, Bordeaux n’a jamais été aussi bon ! »
De l’avis de nombre d’observateurs, le modèle des primeurs doit néanmoins « se réinventer ». Traçabilité, maîtrise de la data (concernant les prix), transparence, fidélisation… sont autant de pistes ouvertes lors de la 26e édition des Vinitiques organisée par Inno’vin, en novembre dernier, qui était dédiée à ce que le digital peut apporter au marché des Primeurs.
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