L'Union Girondine des vins de Bordeaux

Qui sommes-nous ?

L’Union Girondine est la revue mensuelle professionnelle du vignoble de Bordeaux. Elle s’adresse à l’ensemble de ses opérateurs : vignerons, coopérateurs, négociants, œnologues, organismes professionnels…

 

Elle est éditée par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, qui réunit les 25 syndicats viticoles de Gironde, soit 65 AOC.

 

Créé en 1922, le magazine couvre aujourd’hui les sujets d’actualité de la filière viti-vinicole et du vignoble sous les angles politiques, économiques et commerciaux, réglementaires et juridiques, sociétaux et environnementaux, techniques et technologiques.

 

Notre mission : accompagner les vignerons dans la gestion de leur exploitation, de la vigne au chai, de la production à la commercialisation, ainsi que dans leurs démarches réglementaires, grâce à nos nombreuses rubriques.

 

Fort de son ancrage local, la revue offre un regard sur les défis et les réussites de la filière. Nous nous efforçons de mettre en lumière ses initiatives, ainsi que les femmes et les hommes qui façonnent le territoire et font du vignoble de Bordeaux un incontournable de la production viticole mondiale.

 

Diffusée exclusivement sur abonnement, à l’ensemble des professionnels du vignoble de Bordeaux, la revue compte 11 numéros/an (numéro double en juillet-août) et des hors-séries ponctuels.

L'Union Girondine des vins de Bordeaux

L’équipe de l’Union girondine

Pour une information fiable et de qualité, la revue s’appuie sur le travail d’une équipe composée de journalistes spécialisés, de collaborateurs de terrain et de consultants.

 

Nos articles sont notamment conçus avec l’expertise des organismes scientifiques et techniques de référence : Vinopôle Bordeaux-Aquitaine, Chambre d’agriculture de la Gironde, IFV, ISVV, Bordeaux Sciences Agro, INRAE, IVES Technical Revue…

 

Directeur de la publication : Jean-Marie Garde
Directeur de la rédaction : Yann Le Goaster
Rédactrice en chef : Cécile Poursac
Journaliste – secrétaire de rédaction : Claire Thibault
Publicité et petites annonces : Antoine Gistau

Édito : mars 2026

Mars 2026

Guichet unique des droits d’accises : une priorité essentielle
En ce début du mois de mars, plusieurs nouvelles positives sont à souligner dans le contexte économique très difficile que nous vivons.
Le Salon Wine Paris 2026 est, de l’avis quasi unanime des exposants, porteur d’espoir, même s’il convient de rester prudent, à ce stade, sur les retours commerciaux effectifs. La conclusion d’un accord entre l’Union européenne et l’Inde, le 27 janvier dernier, après vingt ans de négociations, est également une bonne nouvelle, même s’il ne se concrétisera que progressivement au plan commercial. Ce sous-continent possède en effet un vrai potentiel en termes de consommation, avec une classe moyenne en expansion. Au niveau européen, nous sommes mobilisés pour obtenir, toujours dans l’objectif de faciliter la commercialisation, la mise en place d’un guichet unique des droits d’accises, pour faciliter les exportations des petits opérateurs et optimiser l’effet de levier lié au développement de l’œnotourisme.
Lors de sa visite sur le Pavillon des Vins, au Salon International de l’Agriculture, le Commissaire européen en charge de l’agriculture et de l’alimentation, Christophe Hansen, s’est déclaré très favorable à ce projet porté par la CNAOC et la Fédération européenne des vins à Origine (EFOW).
Nous attendons de l’État, comme de la Commission européenne, qu’ils soutiennent et mettent en œuvre rapidement cette évolution, qui renforcera la logique de marché unique et profitera à l’ensemble de la viticulture.

Édito : février 2026

Février 2026

Attaques contre le cuivre : la coupe est pleine !
Dans le courant de l’année dernière, nous avons appris avec stupéfaction que nombre de spécialités à base de cuivre allaient être retirées du marché, décisions à contre-courant de la politique gouvernementale incitant les vignerons français, depuis une quinzaine d’années, à réduire l’impact des traitements phytosanitaires sur l’environnement en utilisant ces produits.
L’ANSES, agence en charge de leur réhomologation, a motivé ses décisions par l’absence d’études d’impact à fournir par les firmes commercialisant les spécialités commerciales contenant du cuivre. Notre confédération nationale a mobilisé le pouvoir politique, qui a jusqu’ici botté en touche en se réfugiant derrière le sacro-saint principe d’indépendance de l’ANSES.
Cette situation est d’autant plus ubuesque que la réhomologation du cuivre au niveau communautaire interviendra en 2029, et que d’autres États européens, comme l’Italie, ont décidé de maintenir l’homologation de ces produits jusqu’à cette date.
C’est pourquoi nous venons de décider, avec l’ensemble des régions productrices de vins d’AOC réunies au sein de la CNAOC, de soutenir les recours contentieux qui sont lancés par les firmes contre les décisions de l’ANSES de retrait d’homologation.
Et nous soutiendrons fortement, au niveau politique, une évolution de la réglementation européenne, afin que l’homologation de l’ensemble des produits phytosanitaires soit réalisée au niveau communautaire, avec un système d’équivalence entre États membres, pour faciliter leur usage et prévenir toute distorsion de concurrence.

Édito : janvier 2026

Janvier 2026

French January, une alternative positive
Alors que les fêtes de fin d’année se terminent, nous allons une nouvelle fois être confrontés à l’offensive médiatique du « Dry January », largement amplifiée par l’ensemble des médias, réseaux sociaux et institutions. Le problème que pose cette démarche réside dans l’assimilation abusive qu’elle induit entre consommation de vin et comportements à risque. En niant la spécificité du vin ‒ produit agricole, culturel et élément de notre art de vivre ‒, le Dry January contribue à une vision uniforme de l’alcool, déconnectée des pratiques françaises. Cette confusion fragilise le discours essentiel de la consommation responsable, défendu de longue date par notre profession. Le Dry January repose donc sur une logique de culpabilisation. En érigeant l’abstinence temporaire en norme vertueuse, la campagne désigne implicitement les autres comportements comme fautifs, sinon répréhensibles. Le message est clair : continuer à boire en janvier relèverait d’un manque de volonté et de responsabilité. Cette initiative importée révèle une tendance hygiéniste plus large de notre société, où toute pratique qui sort de la norme devient critiquable. À force de vouloir normaliser les comportements au nom de la santé, on oublie que vivre, c’est accepter une part de convivialité et de liberté. Dans le même temps, force est de constater qu’un grand nombre de nos concitoyens s’intéressent à ce mouvement. Nous devons donc leur proposer une alternative positive, basée sur nos valeurs vigneronnes et sur le vivre-ensemble. C’est le message qui sera porté en ce mois de janvier dans les médias et sur les réseaux sociaux par notre filière, et que je vous invite à faire connaître autour de vous : le « French January ». Un mois à rebours du Dry January, où l’on préfère savourer plutôt que s’interdire, et rester libres de ses choix. Cette liberté fait la richesse de notre art de vivre . Alors en janvier, ensemble, soyons #FrenchJanuary !
Toute l’équipe de l’Union Girondine se joint à moi pour vous adresser nos meilleurs vœux pour l'année 2026.

Édito : novembre 2025

Décembre 2025

Défense du vin, un combat sans fin
Alors que les débats sur le vote du budget se poursuivent dans la plus grande incertitude, il faut rappeler que, comme chaque année, le lobby hygiéniste s’est appuyé sur certains groupes parlementaires pour faire proposer, par voie d’amendement au Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS), une hausse de la fiscalité sur le vin et les boissons alcoolisées et un renforcement des restrictions en matière de communication sur l’alcool, considéré comme un fléau social dont il faut dénormaliser la consommation. Force est de constater que cette stratégie a fonctionné si l’on considère notamment l’évolution de la consommation de vin depuis 2000 (- 36 %), sans impact mesurable en termes de santé publique et de réduction de l’alcoolisme.
Malgré cela, les associations anti-alcool, financées par l’État, poursuivent cette stratégie mortifère pour la viticulture, avec la complicité active de certains groupes politiques.
Cette stratégie a conduit la FGVB à mener une fois encore une action, initiée par Vin et Société et coordonnée par la CNAOC au niveau national, pour mobiliser les députés et sénateurs afin que ces propositions soient rejetées. Je tiens à remercier chaleureusement les députés girondins qui ont voté leur rejet, montrant ainsi le soutien qu’ils apportent à notre viticulture. Si elles avaient été adoptées, il ne fait aucun doute qu’elles auraient contribué à aggraver la situation économique particulièrement difficile que vit notre filière.
L’équipe de la Fédération se joint à moi pour vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année, en espérant qu’elles soient un moment de répit et de partage pour vous et vos proches.

* Les débats au Sénat n’avaient pas eu lieu au moment où ces lignes ont été écrites

Édito : novembre 2025

Novembre 2025

Tenir le cap
La crise exceptionnelle que nous vivons s’accompagne d’un cortège de drames humains, qui interroge chacun d’entre nous sur notre capacité à les prévenir et les accompagner.
Au-delà de ces situations individuelles particulièrement difficiles, la crise a et aura un impact durable sur nos entreprises et sur le tissu social et économique de nos territoires.
Elle doit nous conduire à innover dans les solutions d’accompagnement avec l’ensemble des acteurs (syndicats agricoles, banques, collectivités territoriales, État…). Il n’y aura pas de réponse unique, mais un ensemble de solutions pour permettre notamment l’adaptation de notre vignoble à la nouvelle donne climatique et aux évolutions rapides de la consommation de vin en France et dans le monde.
À cet égard, la demande portée par le gouvernement auprès de Bruxelles d’une nouvelle vague d’arrachages primés, financée par les fonds communautaires de crise, attend toujours une réponse. Souhaitons qu’elle puisse répondre aux enjeux, tant en termes de surfaces - 5 400 ha seraient concernés en Gironde selon un sondage réalisé par la Chambre d’Agriculture - que de montant d’aide à l’hectare.
Dans ce contexte, nous continuerons sans relâche à porter auprès des instances politiques - c’est une priorité de la CNAOC au niveau national - notre demande d’évolution de la loi Egalim pour construire les prix « en marche avant ». Cette évolution est indispensable pour casser la spirale des ventes à des prix inférieurs aux coûts de production, qui entraîne chaque jour un peu plus la viticulture dans une impasse.

Édito : octobre 2025

Octobre 2025

Avec une commercialisation de l’ensemble des vins de Bordeaux lors de la dernière campagne de 3,25 millions d’hectolitres, nous avons vendu l’équivalent de la récolte 2024 (3,3 Mhl).
Ce chiffre, en baisse de 8 % dans un contexte économique très difficile et chargé d’incertitudes, est à rapprocher de la diminution de notre potentiel de production, qui a atteint 19 000 ha au cours des deux dernières campagnes. Il nous enseigne que la diminution du potentiel ne sera jamais suffisante si notre commercialisation ne repart pas. D’autant que les cours des vins restent au plus bas du fait des stocks accumulés au cours des trois dernières campagnes, malgré de faibles récoltes.
La solution viendra donc de la relance des efforts de commercialisation, qui concerne chaque acteur de la filière, vignerons et négociants, et l’accompagnement public devrait se concentrer sur ce point. Ainsi, nous faisons référence dans ce numéro au Guide des dispositifs de soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui apporte des leviers pour vous aider à relancer les ventes, notamment à l’exportation.
Mais les aides de l’État et des collectivités ne sont qu’un aspect de cet enjeu. Nous devons obtenir la levée des barrières non tarifaires qui freinent nos ventes. Parmi celles-ci, l’harmonisation des droits d’accises au niveau européen est une priorité. Il est impensable, au XXIe siècle, qu’il soit plus difficile d’expédier directement du vin à un consommateur européen, dans un marché censé être unique, que dans le reste du monde.
Une bonne nouvelle, cependant, soulignée par les témoignages de ce numéro : la perspective d’un beau millésime 2025.

Édito : septembre 2025

Septembre 2025

Usage du cuivre : l'État veut-il encore une viticulture ?
Une information capitale pour tous les vignerons est passée largement inaperçue au début de l’été : le retrait de l’homologation d’un grand nombre de produits à base de cuivre par l’ANSES, dans le cadre de leur processus de réhomologation périodique.
Sur 27 AMM disponibles depuis 2018, 13 ont été retirées (souvent les moins chères à l’achat)… Il resterait, à moyen à terme, 9 à 10 spécialités disponibles, sans lissage possible, avec dans la majorité des cas des ZNT portées de 20 mètres à 50 mètres et des distances de sécurité riverains augmentées… De très nombreuses spécialités à base de cuivre intégrant d’autres matières actives sont également concernées par le retrait de leur homologation.
La CNAOC et le CNIV (Comité national des Interprofessions) sont mobilisés pour intervenir auprès du gouvernement, mais l’incertitude politique actuelle de notre pays risque de retarder fortement les réponses à cette action.
Ces décisions remettent directement en cause la transition agroécologique soutenue par l’État depuis plusieurs années, mettant particulièrement en difficulté la viticulture biologique, et plus largement l’ensemble de la viticulture au vu de l’absence d’alternatives au cuivre pour lutter efficacement contre le mildiou.
Comme pour d’autres produits phytosanitaires, la logique voudrait qu’il n’y ait pas d’interdiction sans solutions alternatives, et que le retrait de ces produits soit suspendu jusqu’à la révision de l’homologation des produits à base de cuivre au niveau communautaire. C’est la solution que nous défendrons.
Dans ce contexte, les vendanges très précoces de ce millésime 2025 se présentent heureusement plutôt bien. Les rendements en blancs sont faibles mais la qualité est au rendez-vous. La récolte en rouge est elle aussi prometteuse. Je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes vendanges.
Jean-Marie Garde, président de la FGVB

Édito : juillet 2025

Juillet-Août 2025

Si nous sommes aujourd’hui engagés pour faire aboutir dès que possible les outils de régulation de l’offre (refonte de la loi Egalim, communication sur les indicateurs économiques, organisation de producteurs…) et les outils de gestion de crises (aides à la distillation et à l’arrachage) afin de retrouver des équilibres de marchés, le redémarrage économique de notre filière passera par des efforts de commercialisations renforcés, particulièrement à l’exportation.
L’étude des dernières statistiques de commercialisation nous montre en effet que le recul de 6 % de nos sorties sur un an à fin avril (soit 135 000 hl) est essentiellement lié à l’export : les baisses des ventes à l’étranger représentent 84 % de la diminution totale, dont près de 48 % liés au seul marché chinois (66 000 hl). La fermeture progressive de ce marché est une réalité, tout comme les incertitudes à court terme sur celui des États-Unis ; cependant, d’autres marchés ont un potentiel de développement, tels ceux d’Asie du Sud-Est, du nord de l’Europe ou d’Afrique de l’Ouest, ou de l’Inde demain.
Face à un marché national hyperconcurrentiel et en déclin, notre avenir dépendra largement de nos capacités à rebondir sur les marchés à l’exportation. Nous y revenons largement dans ce numéro avec un dossier qui détaille les clés de la réussite pour aborder ces marchés avec succès, et insiste sur la nécessité d’une préparation minutieuse pour obtenir de bons résultats.
Pour favoriser les initiatives à l’exportation, soulignons notamment la possibilité de bénéficier du dispositif d’accompagnement mis en place par la Région Nouvelle- Aquitaine, appelé « 360 Export », qui permet à des collectifs de viticulteurs, caves coopératives ou négociants de bénéficier d’un accompagnement de la prospection et d’un soutien adapté aux marchés ciblés.