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Article du magazine numéro #1179 - Septembre 2020

Lydia Héraud : « Nous engageons un travail de fond, en co-construction avec la filière »

Lydia Héraud : « Nous engageons un travail de fond, en co-construction avec la filière »

Lydia Héraud : « Nous engageons un travail de fond, en co-construction avec la filière »

Lydia Héraud, conseillère régionale déléguée à la viticulture et aux spiritueux. (Photo : Région Nouvelle Aquitaine)

Lydia Héraud, conseillère régionale déléguée à la viticulture et aux spiritueux explicite le plan d’aide que développe la région Nouvelle-Aquitaine en direction de la filière viticole, d’un montant de plus de 5 millions d’euros : « Nous ne voulions pas faire un coup, mais engager un travail de fond dans un esprit de co-construction avec la filière. Ce qui permet de construire sereinement. »

Lydia Héraud est une élue de terrain. Maire de la commune déléguée de Marcillac, et présidente de la communauté de communes de l’Estuaire. Mais au-delà des mandats locaux, l’élue est conseillère régionale déléguée à la viticulture et aux spiritueux pour la Nouvelle-Aquitaine.

Union Girondine : Lydia Héraud, la Région a présenté durant l’été un plan d’aide de 4 millions d’euros, abondé par les acteurs de la filière, de façon à relancer la commercialisation des vins.
Lydia Héraud : « Pour l’instant, tout le plan n’est pas décidé. L’aide à la commercialisation n’est qu’une première phase du plan. Tout ce qui a été présenté s’est réalisé en concertation avec les acteurs de la filière. Nous sommes attachés à un esprit de co-construction. »

« L’idée de cette première phase active est un soutien à la commercialisation des vins, tant à l’export qu’en France. De plus en plus, les vins se consomment de façon occasionnelle, lors de réunions de famille, de mariages, de fêtes, de rencontres entre amis, au restaurant. Or, pendant plusieurs mois, nous avons été privés de ces occasions de rencontres et de consommation. »
« Il nous apparaissait important d’aider les entreprises (individuelles, coopératives, négociants) par un coup de pouce, pour redémarrer leurs activités. »
U. G : Cette aide de la région est conditionnée aux vins qui se sont inscrits dans une démarche environnementale : bio (et en conversion), HVE, Terra vitis. Pourquoi ce choix ?
L. H : « C’est une démarche de cohérence par rapport au projet Vitirev que nous avons mené dans sa structuration pendant plus de trois ans, dans la volonté d’une filière viticole plus vertueuse. C’est aussi une attente des consommateurs. Nous avons avec la Région signé le Pacte bio, qui semble porter ses fruits. On voit que tous les circuits de distribution jouent le jeu aujourd’hui. Ce sont des produits attractifs pour les consommateurs, et des rentabilités attractives pour les producteurs. Donner un coup de pouce aux productions ayant obtenu une certification environnementale, c’est une logique qui a été approuvée par les acteurs de la filière. »
« À noter que ces aides s'ajoutent au travail que mène l’Agence de l’Alimentation de Nouvelle-Aquitaine (AANA), qui soutient les projets sur les grands salons comme Vinexpo / Wine Paris ou Proweïn. »
« En parallèle de la viticulture, nous engageons aussi un soutien à l’alimentation qui accompagne le vin, dont les productions liées au canard. »

Un coup de pouce d’urgence
et un plan structurel durable
et dans la co-construction


U. G : L’appel à projet initial court jusqu’au 30 septembre 2020, en pleine période de vendange, et pour autant, il est mentionné jusqu’en 2023 ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
L. H : « C’est le premier appel à projet qui est émis. Il y en aura d’autres. C’est pour cette raison que nous nous sommes inscrits dans la durée de trois exercices budgétaires. »

U. G : Vous parlez d’un second volet de ce plan de relance régional. Pouvez-vous nous en dire plus ?
L. H : « Le second volet est plus technique et aussi plus structurel. C’est de s’interroger sur la façon dont on produit. Peut-être envisager de produire moins, mais mieux adapter les productions aux demandes des consommateurs.
On voit que le rouge semble être en perte de vitesse. La recherche se fait sur des vins moins marqués en alcool. Nous devons donc réfléchir nos productions en fonction du marché.
C’est pour cela que je parle d’un budget global de plus de 5 millions d’euros. Plus de 4 millions d'euros pour le plan de relance immédiat sur l’aide à la commercialisation. Et un million d’euros sur cette partie plus structurelle qui sera présentée plus tard, car les premières réunions ne se sont tenues que cet été. »
U. G : On a vu des plans d’action émerger très vite en Occitanie, en Corse, en Vallée du Rhône, la Nouvelle-Aquitaine a mis un peu plus de temps. Pour quelles raisons ?
L. H : « Avoir travaillé depuis trois ans sur le projet Vitirev fait que nous avons appris à nous connaître, à travailler ensemble, et à réfléchir au long cours. Nous n’avons pas travaillé dans l’urgence, mais avec la volonté de construire dans la durée, et donc dans la sérénité. Nous ne voulions pas faire un coup, mais engager un travail de fond. »
Elle insiste sur cette notion de durée, tant dans la réflexion que dans l’action : 
« L’aéronautique et la viticulture sont les deux grandes forces économiques de notre Région. C’est pour cela que nous nous devons d’avoir une réflexion et un travail de fond dans les plans de soutien. »
« Nous pouvons, dans l’immédiat, avoir une action de coup de pouce, mais il est important d’analyser la visibilité que l’on se donne. »
« Soyons humbles dans cette crise, la Covid-19 nous pose beaucoup de questions. Les scientifiques depuis des années avaient annoncé ce type d’événement, de pandémie. Ils avaient tiré le signal d’alarme. »
« Mais cette crise sanitaire, qui devient économique et sociale, nous fait réfléchir autrement. Et cela bouscule l’ensemble de nos travaux. »
U. G : Revenons sur Vitirev, ce projet a été salué par le ministère de l’Agriculture fin juin. C’est une satisfaction ?
L. H : « Oui, c’est une belle reconnaissance. C’est parmi les 24 projets soutenus par l’État le plus doté. L’État d’ailleurs le met souvent en avant comme exemplaire. »

Comment bénéficier du plan régional d’aides

Le plan régional d’accompagnement de ma filière viticole, dans le volet soumis à appel d’offres jusqu’au 30 septembre, s’attache à soutenir la commercialisation des vins.
Ce plan est de 10 millions d’euros, dont 4 millions injectés par la Région (avec un premier déblocage de 750 000 € en 2020).
Il s’agit d’une aide directe aux entreprises, aux coopératives, aux GIE, aux négociants, aux syndicats, aux ODG, aux interprofessions sous forme de cofinancement à hauteur de :
- 40 % par la région Nouvelle Aquitaine
- 60 % par l’entreprise.
L’action de ce plan se déroule sur 3 ans.

Les montants
- Le plancher d’aide par projet : 50 000 € HT, (soit 20 000 € d’aides).
- Le plafond d’aide par projet : 375 000 € HT (soit 150 000 € d’aide).

Les vins éligibles
- Vins AOC ou IGP de la Nouvelle-Aquitaine, certifiés HVE, Terra Vitis, Bio ou en conversion.
Les actions éligibles
- Prospection commerciale (voyage / réceptif)
- Mise en avant / action de visibilité en magasins
- Salons commerciaux (salons internationaux, salon clients/grossistes). Les salons AANA Vinexpo et Prowein bénéficient d’un traitement particulier à hauteur de 30 % des frais d’inscription.
- Animations dégustation et tout ce qui s’y rattache (déplacements, PLV.)

Ce plan concerne l’ensemble des circuits commerciaux hors hard discount.

Les dates
Du 1er août 2020 au 31 juillet 2023.
- 1re session : dossiers à rendre pour le 30 septembre 2020.
- 2e session ouverte en novembre 2020 pour les actions 2021.

Pour en savoir plus :
plancommercialisationvin@nouvelle-aquitaine.fr