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Article du magazine numéro #1165 - Mai 2019

Record mondial de production de vin en 2018

Record mondial de production de vin en 2018

Record mondial de production de vin en 2018

En avril, l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a présenté la conjoncture mondiale pour 2018. FranceAgriMer a produit un rapport sur le commerce extérieur des vins et spiritueux. Et la Nouvelle-Aquitaine fait le point sur la valorisation à l’export des productions régionales. Synthèse.

Dans sa présentation de conjoncture internationale, l’OIV montre que rares étaient les années de production à plus de 280 millions d’hectolitres de vin dans le monde. 2004 avait flirté avec les 300 millions d’hectolitres, 2013 avait été une année faste avec un peu moins de 290 millions  d’hectolitres. 2018 a dépassé la barre des 292 millions d’hectolitres, après une année 2017 qui était la plus basse depuis 20 ans. En Europe. Les récoltes italienne (54,8 Miohl ; + 29 % par rapport à 2017), française (49,1 Miohl ; + 35 %) et espagnole (44,4 Miohl ; +3 7 %) ont fortement progressé. Chacune enregistrant une hausse égale ou supérieure de 12 Miohl par rapport à 2017. Le trio de tête européen assure la moitié de la production mondiale.

Et ce schéma de hausse est également marqué en Allemagne (+ 30 %), Roumanie (+ 18 %), Hongrie (+ 15 %), Autriche et Suisse (+ 40 %). Le Portugal (- 10 %), qui avait été fortement impacté par le mildiou et l’oïdium connaît une forte baisse de ses rendements. En Amérique. La production des États-Unis était stable (2,3 %). Celle de l’Argentine (+ 23 %) et du Chili (+ 36 %) en forte hausse. En Asie. Les chiffres concernant la récolte chinoise manquent de clarté, mais la baisse serait légère, avec 9,3 Miohl vinifiés selon l’OIV. En Océanie. La production australienne enregistrait une légère hausse, tout comme en Nouvelle-Zélande.

Une consommation qui reste stable

Si la production était de 292 Miohl, la consommation semble marquer un coup d’arrêt, voire une légère baisse, estimée à 246 Miohl. Pour autant, depuis 2014, elle renoue avec une tendance à la croissance. L’OIV ne donne pas d’indication  quant à la couleur des vins consommés. Elle pratique une différenciation entre les vins tranquilles et les vins effervescents. Les États-Unis demeurent le premier pays consommateur (33 Miohl), et la consommation progresse de 1,1 %. Dans les pays européens, la consommation reste stable. Les pays les plus consommateurs de vins par habitant sont en Europe. Les trois pays producteurs que sont le Portugal, la France et l’Italie arrivent en tête. À noter des consommations soutenues dans des pays sans production, ou de façon minime ou marginale : Russie, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni ou Suède.
Et des consommations très exceptionnelles, comme au Japon, en Chine et au Brésil.

Effervescents et BIB en hausse

Si le marché du vin en bouteille tend à se stabiliser, voire à baisser dans l’intervalle 2017-2018, il représente 53 % des volumes, et 70 % des valeurs. C’est sur ce segment d’ailleurs que les valeurs se dégagent. Le vrac, s’il garde une place importante en volume montre ses limites quant à sa capacité de développement de richesse. Les effervescents enregistrent une hausse constante de leurs ventes, avec un doublement de consommation en 10 ans. Et un poids majeur dans les échanges en termes de valeur. Le champagne, le prosecco, le cava et les crémants continuent de prendre des parts de marché sur les rayonnages (lire le dossier consacré au Crémant de Bordeaux UG 1165 Pages 50 à 59).

Les échanges mondiaux augmentent en valeur

Même si la hausse de consommation se stabilise, les échanges mondiaux restent forts. Et en valeur, la France caracole en tête avec une production en valeur de 9,3 milliards d’euros, soit 19,6 % de la valeur mondiale du vin. Devant l’Italie (6,1 milliards d’euros, 9,3 % de la valeur mondiale). Les exportations françaises se concentrent sur les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La Chine, du fait d’une chute de ses importations de vin (- 25 %), descend à la 4e place. Suivent la Belgique, les Pays-Bas et le Canada. Ces 8 pays ingèrent 75 % de la production à l’export. Sur l’année 2018, les chutes à l’export ont concerné 4 pays : Chine, Royaume-Uni, Allemagne et Pays-Bas.

Les importations en valeur à la hausse

Il faut aussi mettre en parallèle les importations de vins étrangers en France, comme le souligne FranceAgriMer. Ces importations en volume passaient peu souvent la barre des 6 millions d’hectolitres. Ce vin d’importation est en grande partie espagnol (57 %) ou d’Italie (27 %). Et constitué de vrac à 77 %. La France se positionne comme 3e importateur de vin en vrac dans le monde, après l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ces importations concernent surtout des sans IG. De 2015 à 2017, les volumes d’importation sont montés jusqu’à 7,6 millions d’hectolitres. Et même si le volume baisse fortement en 2018, la valeur de ces vins étrangers ne cesse de monter, pour atteindre en 2018 plus de 860 millions d’euros. Si le prix moyen au litre était de 3,60 € le litre en 2016, il est monté à 4,20 € le litre en 2018. Si la valeur a tendance à augmenter, c’est aussi parce que l’importation de vins étrangers en bouteille a tendance à croître.

Mais dans ces importations de vins étrangers, l’élément le plus marquant vient des vins effervescents. Ils ne représentent que 7 % des volumes importés, mais ils sont en constante progression ces 15 dernières années. Les quantités de vins effervescents importés ont augmenté de 438 % depuis 2003, et de 74 % depuis 2013. Si l’Espagne avec son cava avait connu une forte progression de ses parts de marchés en France, les importations marquent le pas. Mais c’est l’Italie avec le prosecco qui continue de gagner des parts de marchés (+ 7 % en 2018). Et ils représentent aujourd’hui 48 % des vins effervescents importés. Même si l’importation de vins étrangers en France reste contenue à moins de 8 % de la valeur des vins français, cette valeur a doublé en l’espace de 15 ans.

Un vignoble mondial qui cesse sa régression

Dans ce paysage en dent de scie, tant en volumes qu’en échanges internationaux, s’affiche un élément de stabilisation : la surface du vignoble. Après des années de baisse, la surface viticole mondiale se stabilise à 7,4 millions d’hectares. L’Italie possède le vignoble le plus étendu, suivi de la Chine, de la France et de l’Espagne. Viennent ensuite la Turquie et les États-Unis. Ces six pays totalisent 4,2 millions d’hectares, soit 56 % de la surface mondiale. Ces chiffres intègrent aussi les pays producteurs de raisins de table. Les plus importants au monde sont : Chine, Iran et Turquie. Et la Chine en 2012 assurait 30 % de la production mondiale.