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Article du magazine numéro #1160 - Décembre 2018

Commercialisation des vins de Bordeaux

Commercialisation des vins de Bordeaux

Commercialisation des vins de Bordeaux

La commercialisation des vins de Bordeaux a été directement impactée par la récolte historiquement faible du millésime 2017. Si le premier marché concerné est la France, les vins de Bordeaux ont mieux résisté à l’export.

Dans un contexte difficile pour l’ensemble des vins AOC, les effets économiques de la faible récolte 2017 (3,5 MHL, - 40 % d’un volume normal) se font lourdement ressentir sur l’ensemble de la filière, en particulier sur le marché français. A l’export, les vins de Bordeaux ont mieux résisté notamment grâce à la notoriété des derniers millésimes. L’ensemble des principaux marchés progressent ou sont stables. Seule la Chine, moins dynamique ces derniers mois, est en recul, même si le niveau des expéditions reste très élevé.

CRÉMANT DE BORDEAUX, UN SUCCÈS RECORD

Sur douze mois, 1,1 million de bouteilles de Crémant de Bordeaux a été vendu en grandes surfaces, soit une hausse de 29 % en volume pour une valeur de 5,9 millions d’€ (+35 %). Bordeaux enregistre ainsi pour la deuxième année consécutive la plus rapide croissance au sein des effervescents AOP françaises hors Champagne (AOP à -1 %). En termes de couleurs, 82 % des volumes vendus sont des Crémants blancs et 18 % des Crémants rosés. Le prix moyen d’une bouteille de Crémant Bordeaux est aujourd’hui de 5,53 €. (AOP = 6,06 €).

 

Grande distribution : des ventes directement impactées par le manque de disponibilités

Sur le circuit des grandes et moyennes surfaces, les vins de Bordeaux enregistrent sur douze mois une baisse de 5 % des volumes vendus. 155 millions de bouteilles (-5 %) ont ainsi été commercialisées sur cette période pour une valeur de 875 millions d’€ (-1 %). Cependant Bordeaux reste le premier vignoble AOP vendu avec 27 % de part de marché en volumes et 30 % en valeur. Les ventes en GMS représentent 46% des volumes. Les autres circuits (hors domicile, restauration, cavistes, vente directe...) 45% et le Hard Discount français, 9 %.

Ventes de vins de Bordeaux par couleur
• Les vins rouges de Bordeaux (85 % des ventes) évoluent au même rythme que l’ensemble des AOP rouges (-5 %) conséquence de la récolte 2017 en recul de 25 % ;
• Concernant les vins blancs de Bordeaux (secs et doux) (8% des volumes) avec une récolte en baisse de 43 % en 2017, ils s’inscrivent dans la tendance négative du marché des AOP sur cette couleur (-4 %). CIVB
• Les vins rosés de Bordeaux (7 % des volumes) et une récolte en retrait de 25 % en 2017, les ventes sont en recul (-9 %) dans un contexte négatif pour l’ensemble des vins d’AOP rosés -3 %.

A noter que le vignoble de Bordeaux poursuit son retrait progressif du segment des entrées de gamme. Ainsi les bouteilles inférieures à 2 € ne représentent plus que 2 % au second trimestre 2018 (vs. 11 % au second trimestre 2017). Cette baisse été accélérée par le manque de disponibilité. En GMS, 81 % des vins de Bordeaux sont vendus entre 3 et 15 € la bouteille avec un prix moyen de 6,17 € le col (5,47 € autres vins AOP). Plus d'un ménage sur deux acheteur de vins AOP choisit Bordeaux.

Exportations : des expéditions stables malgré le manque de volumes disponibles

Malgré un repli à court terme, les exportations bordelaises sont, sur un an, quasi stables (-1 %). En valeur, elles continuent de progresser (+9 %). Elles s’établissent à 2,1 millions d’hectolitres, soit environ 282 millions de bouteilles, pour une valeur de 2,1 milliards d’€. L’export représente 44 % des volumes de vins de Bordeaux commercialisés en 2016-2017.

Vers l’Union Européenne : des volumes stables
Sur un an (à fin juillet 2018), 713 000 hectolitres (équivalent à 95 millions de bouteilles) ont été exportés vers les pays membres de l’Union Européenne (+1 % en volume) pour une valeur de 605 millions d’€(+16 %).
Les trois premiers pays communautaires constituent 76 % des expéditions vers l’Union Européenne. Si la Belgique affiche un léger repli (-1 %), le Royaume-Uni (+11 %) et l’Allemagne (+8 %) progressent. En valeur, ces trois pays enregistrent une croissance à deux chiffres.

• Belgique : 192 000 hectolitres (-1 %) pour une valeur de 124 millions d’€ (+18 %).
• Royaume-Uni : 185 000 hectolitres (+11 %) pour une valeur de 224 millions d’€ (+17 %).
• Allemagne : 165 000 hectolitres (+8 %) pour une valeur de 121 millions d’€ (+27 %).
Les pays membres de l’Union Européenne représentent dorénavant 34 % des volumes et 28 % du chiffre d’affaires des vins de Bordeaux à l’export.

 

Pays tiers : ralentissement des expéditions vers la Chine

Sur un an, 1,4 million d’hectolitres (équivalent à 188 millions de bouteilles) a été exporté vers les pays tiers (-3 %) pour une valeur de 1,53 milliard d’€ (+6 %). Le grand export représente dorénavant 66 % des volumes et 72 % du chiffre d’affaires des vins de Bordeaux à l’export.
La baisse des volumes est principalement liée au ralentissement des expéditions vers la Chine : 551 000 hectolitres (-11 %).
Le volume des expéditions reste néanmoins très élevé (équivalent à 73 millions de bouteilles) et demeure la 1ère destination des vins de Bordeaux à l’export. En valeur, ces exportations sont en croissance (+3 %) avec l’équivalent de 377 millions d’€.

Les États-Unis poursuivent leur croissance historique et se classent dorénavant au second rang des expéditions bordelaises. Sur les douze derniers mois, cette destination enregistre de nouvelles progressions avec une hausse de 4 % en volume (204 000 hectolitres expédiés, équivalent à 27 millions de bouteilles) et de 22 % en valeur (271 millions d’€). Le Japon, troisième destination en volume se stabilise à 150 000 hectolitres pour une valeur de 113 millions d’€ (=).

TOP 5 DES DESTINATIONS (Volumes)

• Chine = 73 millions de bouteilles.
• États-Unis = 27 millions de bouteilles.
• Belgique = 26 millions de bouteilles.
• Royaume-Uni = 25 millions de bouteilles.
• Allemagne = 22 millions de bouteilles.